Peut-on imaginer une forme de vie extraterrestre
suffisamment cohérente pour que son anatomie
permette de formuler des hypothèses sur son milieu ?
Voici un tour d’horizon rapide pour bien saisir
cette démarche.
Aujourd’hui, on s’intéresse à la méthode de Marc
Boulay, qui croise sciences naturelles et art pour
concevoir des exobiontes bien loin des spectacles
cinématographiques.
Premièrement, parlons de l’environnement. S’il
impose des contraintes physiques, il ne détermine
pas une anatomie unique. L’évolution n’a ni
intention ni objectif. La diversité des espèces
résulte de la sélection naturelle, de la dérive
génétique, de la contingence, du développement et
de l’héritage phylogénétique.
Un spécimen est-il une simple machine fonctionnelle
ou porte-t-il les traces et les compromis de son
histoire ?
Deuxièmement, c’est dans cette incertitude que
s’inscrit une continuité directe entre le dessin,
l’argile, le plâtre, le logiciel ZBrush, utilisé
depuis 2003, et les outils génératifs.
L’intelligence artificielle est un instrument
d’exploration visuelle. Son réalisme ne garantit
cependant aucune cohérence anatomique ou écologique.
Elle peut facilement proposer des masses musculaires
incohérentes. Le travail humain reste donc
indispensable pour la sélection, la correction, la
sculpture numérique, le compositing et le montage.
Troisièmement, l’intelligence artificielle permet
d’accéder à des moyens de calcul à distance sans
équipement local coûteux. Déporter ce calcul ne
supprime toutefois pas sa consommation énergétique.
Cette démarche exige donc une totale transparence
sur l’emploi des outils génératifs.
C’est ce qui se déploie dans les projets
XénoBiologia, Carnets de Voyages Stellaires et
Terra Futura. Entre l’œil qui observe, la main qui
façonne et l’algorithme qui propose, le choix reste
humain.