Origines paléoartistiques
Avant d’imaginer les formes que le vivant pourrait emprunter dans le futur ou sur d’autres mondes, j’ai longtemps travaillé à reconstruire celles du passé. Le paléoart fut pour moi un laboratoire exigeant, à la rencontre de l’anatomie comparée, des données fossiles et de l’interprétation visuelle.

Metoposaurus algarvensis
Cette restitution d’un grand amphibien du Trias cherchait à transformer un ensemble de données fossiles en une présence anatomique crédible. La silhouette, l’implantation des membres, la distribution des masses et les textures cutanées ont été étudiées afin de proposer un animal cohérent avec les connaissances disponibles.
La publication de cette reconstruction par National Geographic illustre l’un des principes fondamentaux du paléoart : rendre visible une hypothèse scientifique sans dissimuler la part d’interprétation nécessaire à toute évocation du passé.
Reconstituer les mondes disparus
Chaque reconstruction naît d’un dialogue entre les traces fossiles, l’anatomie comparée et les incertitudes laissées par le temps. Cette sélection rassemble plusieurs étapes d’un parcours où l’image ne cherche pas seulement à représenter le passé, mais à formuler une hypothèse visible, anatomiquement cohérente et toujours révisable.
Ichtyosaure de la Robine-sur-Galabre
Une reconstruction de l’ichtyosaure découvert à La Robine-sur-Galabre, réalisée il y a plusieurs années puis récemment retrouvée dans mes archives numériques.
Dunkleosteus terrelli
Une ancienne reconstruction de ce grand poisson cuirassé du Dévonien, sortie de mes archives pour une nouvelle expérimentation visuelle.
Angistorhinus
Un phytosaure modélisé en 2015, texturé en 2018, puis revisité en 2026 afin d’éprouver ce que de nouveaux outils pouvaient apporter à une reconstruction ancienne.
Hallucigenia
Une reconstruction ancienne confrontée aux révisions successives de la paléontologie, révélant combien l’image du passé demeure une hypothèse susceptible d’être corrigée.
Arganaceras vacanti
Une restitution élaborée à partir d’un crâne fragmentaire, où chaque volume anatomique devait être déduit des structures conservées et des données comparatives disponibles.
L’Œil du Dinosaure
Une plongée dans les premières strates de mon parcours, lorsque l’observation anatomique, la sculpture et l’image numérique commençaient déjà à façonner une même manière de penser le vivant.
Mémoire de formes et promesse de mondes
Le paléoart ne fut pas une destination, mais une matrice. En apprenant à reconstruire des organismes disparus à partir de traces incomplètes, j’ai développé une méthode qui nourrit aujourd’hui mes recherches sur l’évolution future, les espèces spéculatives et les mondes possibles. Imaginer demain commence par une lecture attentive des formes ensevelies dans le passé.
